Les termes à connaître pour parler la langue des investisseur·es

Le monde des investisseur·es a un vocabulaire bien précis remplis d’abréviations et d’anglicismes. Vous êtes entrepreneur·e et réfléchissez à une potentielle levée des fonds dans un futur proche ? On vous a préparé un lexique avec plus de 30 mots indispensables à connaître pour mettre toutes les chances de votre côté auprès des VCS et de Business Angels.

Bootstrapper : cela consiste à créer une entreprise et la développer sans faire appel à des aides extérieures. C’est-à-dire en se débrouillant par vos propres ressources et les flux de capital générés par votre entreprise.

Ce qui peut vous être utile : l’article de Maddyness sur le sujet avec des conseils pour y parvenir.

Bulletin de Souscription : il s’agit d’un document signé par un·e investisseur·e qui souhaite acquérir des parts dans une société. C’est un document qui formalise son intention et dans lequel est mentionné le montant total qu’il·elle verse à l’entreprise pour conclure la transaction.

Business Model & Business Plan (BP) : le Business Model est un document synthétique qui décrit comment l’activité d’une entreprise permet de générer des revenus, de créer de la valeur et donc d’être pérenne. Quant au Business Plan, c’est un document décrivant la stratégie financière et commerciale choisie pour développer votre projet (en résumé, la déclinaison opérationnelle et chiffrée de votre business model).

Ce qui peut vous être utile : l’article des Echos avec 15 conseils pour votre BP afin de convaincre les investisseur·es de vous suivre.

Capitaux propres : c’est l’argent investi par les actionnaires dans une société lors de sa création ou lors de tours de table. Bon à savoir : dans le cas d’un dépôt de bilan, ces investissements sont perdus.

Cash flow : Le cash flow correspond au solde comptable (l’ensemble des flux de liquidité) d’une société. Côté investisseur·es, c’est un indicateur qui va permettre de comprendre la capacité de l’entreprise à s’autofinancer mais aussi la capacité à distribuer des dividendes à ses actionnaires.

Closing : C’est la dernière étape d’une levée de fonds, c’est-à-dire le moment où le financement est réalisé par l’investisseur·e et où les documents juridiques sont signés. Cela se fait à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire qu’il faut réunir.

Cycles de financements : plus couramment appelés “Funding Rounds”, ce sont les moments où une entreprise procède à une augmentation de capital notamment via une levée de fonds simultanée. En fonction du stade ou du niveau de développement de l’entreprise ainsi que du montant levé, ils portent différents noms.

  • Family & Friends : le premier tour de table au cours duquel les fondateur·trices peuvent compter sur l’argent de l’entourage.
  • Pré-amorçage (pre-seed) : un tour de table précoce, souvent lorsque l’entreprise en est encore au stade de l’idée.
  • Amorçage (seed) : premier vrai tour de table, souvent lorsque l’entreprise dispose d’une première version du produit ou du service. L’objectif est de financer la validation du marché à plus grande échelle et une traction supplémentaire. Un tour d’amorçage commence généralement à quelques dizaines de milliers d’euros jusqu’à 1M€. 
  • Les séries A, B, C : des tours de table ultérieurs destinés à accélérer la croissance et à franchir des étapes clés (par exemple l’expansion dans de nouveaux pays ou de nouveaux secteurs d’activité). Les premiers tours commencent souvent à quelques millions d’euros et peuvent parfois dépasser les 10M€. 

Bon à savoir :
– Toutes les boîtes ne passent pas forcément par toutes ces étapes.
– Dans le jargon des fonds, un fonds dit “Early Stage” se concentre sur les phases d’amorçage. Alors qu’un fonds “Late Stage” va commencer son intervention à partir du deuxième tour et peut ensuite accompagner des levées plus importantes.

Data Room : c’est un espace virtuel au sein duquel vous pouvez organiser et partager les données de votre startup avec les potentiel·les investisseur·es. De cette manière, il·elles peuvent évaluer l’opportunité d’investissement.

Ce qui peut vous être utile : cet article d’Eldorado sur l’importance de construire une data room complète.

Deck (ou Pitch Deck) : il s’agit d’une présentation visuelle et concise qui résume les objectifs de votre startup, sa proposition de valeur, les perspectives de développement et pourquoi vous souhaitez lever des fonds. Cela donne un aperçu rapide et complet de votre entreprise aux investisseur·es.

Ce qui peut vous être utile : cet autre article d’Eldorado qui partage les erreurs à éviter dans votre pitch deck.

Dry Powder : il s’agit des sommes disponibles pouvant être investies à courte échéance par un fonds d’investissement. En bref, cela décrit la réserve de capital disponible par un investisseur en capital-risque.

Deal flow : Il s’agit du flux d’affaires potentielles d’un fonds d’investissement. Cela comprend l’ensemble des propositions d’investissements apportées par des relations personnelles, des intermédiaires spécialisés, des événements, des réseaux affiliés, ou directement par les entrepreneur·es elles/eux-mêmes.

Dilution : C’est la conséquence de l’entrée au capital de nouveaux investisseurs. Concrètement, le pourcentage d’actions détenues par un actionnaire se voit diminuer s’il ne suit pas sur ce nouveau tour de table.

Down Round : il s’agit d’un tour de financement avec une valorisation inférieure au tour précédent.

Ce qui peut vous être utile : l’article de notre partenaire Eldorado sur comment anticiper et appréhender au mieux un “down round”.

Due diligence : ce sont toutes les vérifications faites par les investisseur·es afin de se faire une idée plus précise de la situation de votre entreprise avant de donner un accord de financement.

Effet de levier : c’est une technique financière qui consiste à utiliser l’endettement pour minimiser le recours aux capitaux propres et donc accroître la rentabilité des fonds investis par les actionnaires.

Elevator Pitch : Une courte présentation de moins d’une minute qui a pour objectif de donner envie d’en savoir plus sur vous et ce que vous faites. Concrètement, c’est ce que vous pouvez dire si vous croisez très rapidement un investisseur·e.

Executive Summary : c’est le premier document de présentation de votre projet qui sera envoyé aux investisseur·es. Il fait généralement une ou deux pages max. C’est un peu comme le CV de votre entreprise : son objectif est de susciter l’intérêt en un minimum de temps.

Exit : ce terme est utilisé pour désigner l’opération de sortie d’un ou plusieurs actionnaires du capital d’une société. Généralement, ’exit ouvre deux options : le rachat ou l’introduction en bourse.

Ce qui peut vous aider : cet article Maddyness dans lequel Rachel Delacour (Bime Analytics), et Paulin Dementhon (Drivy) partagent leurs conseils pour gérer un exit.

Lead / Colead : ce sont les investisseur·es qui mettent les plus gros tickets sur un tour de table, et qui mènent les négociations sur la lettre d’intention et le pacte d’actionnaires.

Limited Partner : ce sont celles et ceux qui financent les fonds d’investissement. Il peut s’agir de fonds de pension, des family offices, des compagnies d’assurance, des banques, des particuliers… On parle de Limited Partner car leur rôle par rapport aux fonds se limitent à leur participation financière.

Liquidité préférentielle : c’est une clause protégeant les investisseur·es et futur·es actionnaires, en garantissant leur sortie lors des prochains tours de table et le fait qu’il·elles puissent récupérer en priorité la valeur de leur investissement initial.

Lock-Up : c’est la période durant laquelle un·e actionnaire qui a vendu des parts du capital s’engage à ne plus céder de titre. Cela se fait souvent suite à une introduction en bourse ou à une levée de fonds.

Minimum Viable Product  : il s’agit de la première version de votre produit permettant de tester rapidement et à moindre coût l’intérêt des utilisateur·trices. L’objectif ? Prouver la viabilité de votre idée.

Pacte Actionnaires : c’est un document qui permet de régir les relations entre les associé·es et les investisseur·es et de mettre en œuvre la stratégie d’investissement.

Ce qui peut vous aider : cet article des Echos dans lequel des business angels, avocats et entrepreneur·es livrent leurs conseils pour anticiper au maximum les problèmes.

Product Market Fit : il s’agit de l’adéquation entre un marché et le produit/service développé.

Roadshow : ce terme désigne le processus de collecte de fonds, c’est-à-dire le fait que vous alliez à la recherche de financements et que vous expliquiez pourquoi vous cherchez des fonds.

Scalable : c’est une startup qui a peu ou pas de charges variables. Résultat : l’augmentation de son volume d’affaires n’a pas pour conséquence de faire augmenter ses dépenses.

Smart Money : on emploie ce terme pour faire référence à tout ce qui est apporté par un·e investisseur·e (son expérience, ses relations, son temps…) en plus de ses capitaux.

Term Sheet (ou lettre d’intention) : il s’agit d’une offre écrite formalisant une proposition et les conditions de l’opération de financement. Il s’agit du premier document formel de leur part et qui permet de confirmer leur volonté de financer votre entreprise. C’est un document indispensable pour lever des fonds.

Ce qui peut vous être utile : cet article des Echos pour tout savoir sur le Term Sheet.

Ticket : ce mot désigne un investissement (potentiel ou réalisé) dans une société privée. Souvent, lors d’une levée de fonds donnée, il y aura une taille minimale de ticket et parfois une taille maximale.

Tranches : ce sont des poches d’investissement qui peuvent être clôturées séparément aux mêmes conditions dans un délai donné : souvent 3 ou 6 mois, et au plus tard 9 mois, après la clôture de la première tranche.

Traction : pour des investisseur·es, c’est la preuve que votre offre a trouvé sa place sur un marché. Concrètement, votre produit/service suscite de l’intérêt et son adoption par des utilisateur·trices s’accélère fortement sur une période de plusieurs mois. Cela se mesure souvent en regardant les “metrics” de l’entreprise (nombre d’utilisateurs, croissance du chiffre d’affaires, etc).

Valorisation : il s’agit de l’estimation de la valeur financière de votre startup. Pour la calculer, ce n’est jamais très évident car il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte venant de ses résultats financiers passés et de son potentiel futur.

Pour aller plus loin

– Vous pouvez lire cet article de Tara Heuzé-Sarmini qui a clôturé une levée de 1,5M€ l’été dernier pour Commune. Dedans, elle y partage de précieux conseils concrets sur tout le processus de levée. Une mine d’or !

La levée de fonds est souvent comparée à un vrai “marathon”. Pour vous aider, nous avons sollicité les conseils experts de 6 entrepreneures et investisseur·es. C’est par ici pour découvrir les conseils d’entrepreneures déjà passées par là et juste là pour voir les recommandations d’ Olivier Martret, partner chez Serena et de Sophia Martin, partner chez RAISE Ventures qui vous livrent leurs bonnes pratiques.