(UN)Bias Project by SISTA

(UN)Bias est un projet mutant, à l’initiative de SISTA, se situant à la croisée d’une installation artistique, d’une campagne de sensibilisation et d’une étude scientifique. Il prend la forme d’une installation gonflable conçue par l’artiste Yena Young du collectif Plastique Fantastique, en collaboration avec le studio de design Bolk.

Le dispositif est destiné à accueillir une série de tests d’associations implicites (IAT – Université d’Harvard) menés par des chercheurs affiliés du CNRS, qui évaluent les biais inconscients des individus autour des représentations du genre et du succès, afin de mieux les mettre en lumière.

Inauguré pour la première fois en juin 2023 lors du Premier Sommet SISTA pour l’investissement inclusif, le projet (UN)Bias s’est déployé depuis lors de nombreux évènements, comme par exemple à Vivatech, chez Google France ou encore au Women’s Forum for the Economy and Society. En effet, le projet a pour ambition de se trouver « là où se prennent les grandes décisions » afin de sensibiliser les décideur·ses aux biais cognitifs qui pourraient impacter leurs prises de positions. 

Histoire

Les stéréotypes de genre conduisent notamment à associer l’univers des maths et des disciplines scientifiques plus facilement aux hommes qu’aux femmes et les disciplines littéraires plus facilement aux femmes qu’aux hommes. De même, dans le domaine économique et entrepreneurial, la réussite est associée plus facilement aux hommes et l’échec plus facilement aux femmes. 

Beaucoup d’études scientifiques ont montré les limites des questionnaires et interviews pour faire apparaître les stéréotypes de genre en général : les personnes interrogées se limitent souvent à des réponses socialement acceptables au détriment des stéréotypes recherchés. D’où l’émergence, au fil du temps, de méthodologies plus subtiles pour sonder la présence des stéréotypes en question.

Le test des associations implicites (Implicit Association Test / IAT) fait partie de ces méthodologies plus subtiles.

Principe

Assez ludique et court (quelques minutes), le test IAT requiert simplement de classer des mots dans des catégories le plus vite possible (temps de réponse enregistrés avec une précision de l’ordre de la milliseconde) avec aussi peu d’erreurs que possible. À certains moments du test, les classements à produire sont compatibles avec le stéréotype dont on cherche à détecter la présence, alors qu’à d’autres moments ils s’opposent à ce même stéréotype. 

Dans ce dernier cas (phase d’opposition), la vitesse de classement peut chuter. Ce ralentissement le plus souvent perceptible mais involontaire révèle la présence du stéréotype en mémoire à long terme. Aucune raison en effet de ralentir si l’on n’est pas porteur soi-même du stéréotype recherché ! 

Le test préserve parfaitement l’anonymat et ne prend que quelques minutes.

Finalité

Dans le cadre de la présente action de sensibilisation aux biais de genre, le test IAT est proposé comme un outil pédagogique permettant à chacune et chacun de découvrir sa propre vulnérabilité aux stéréotypes de genre en rapport avec la science et/ou la réussite économique et entrepreneuriale.

L’expérience en elle-même.

Les visiteur.ses entrent par deux dans la bulle munis d’un casque anti-bruit. Les personnes  sont ensuite invitées à s’asseoir devant un écran d’ordinateur et à passer individuellement le test de 10 minutes. À l’issue du test, les personnes sont invitées à quitter la Bulle pour recevoir leurs résultats ainsi que l’explication associée.

Cette expérience fera l’objet d’une publication scientifique sur les biais cognitifs par le CNRS, dans les mois qui suivront la dernière utilisation de la Bulle.

Des premiers résultats qui montrent un réel engouement

  • Entre le SISTA Summit et Vivatech, près de 150 personnes avaient déjà pu réaliser le test et se former aux biais cognitifs.
  • Du côté de Google France, ce sont près de 200 collaborateur·trices (soit 15% des employé·es) qui se sont prêtés au jeu et cela a donné lieu à de nombreuses discussions. Autre donnée intéressante : la représentativité en termes de genre. En effet, parmi les participant·es, 43% étaient des hommes et 57% des femmes.
  • Quant au Women’s Forum, près de 150 personnes (comptant une dizaine de nationalités différentes) sont passées par la Bulle et notamment des personnalités comme la députée Marie Pierre Rixain ainsi qu’Hélène Bidard de la Mairie de Paris.

     

Soit déjà plus de 500 personnes ! Ce que cela révèle ? L’appétence et la curiosité pour ce type de sensibilisation, la méthodologie et les résultats.